MesPeripeties - MES PERIPETIES -

 

Une histoire de temps en temps
(quand ça me vient ou me revient)

Quand ça me vient ou me revient… Enfin, ça n’est pas très souvent !

Ca n’est pas pas que je n’aie plus rien à dire, ni même que je n’aie plus envie mais en fait, quand j’ai le temps, je n’y pense généralement pas et quand j’y pense, je n’ai pas le temps.

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La musique et… moi (16 septembre 2016)

 Je suis, généralement, pas d’un naturel pas très « causant » mais quand je commence à parler musique je ne m’arrête plus. Alors si vous décidez de rester, commencez par prendre une aspirine, sinon, éteignez l’ordi et retournez vite à vos occupations favorites.

Mon arrière-grand-mère qui m’a élevé écoutait tous les soirs, sur une vieille radio, le « élsasser owe » (traduisez : la soirée des alsaciens). Ce sont de gros rythmes bien lourds, pleins d’accordéons et d’hélicons : j’adoooooooooooore !!!

Du coup j’allais jouer dans ma chambre. Un soir, malgré tout, avant qu’elle n’éteigne, je lui ai demandé de laisser le poste allumé et j’ai tourné le bouton des stations. A quelques encablures de là je suis tombé sur une station où un gars parlait une drôle de langue que je n’avais jamais entendue, j’avais 5 ou 6 ans, c’était en 1959 ou 60. Ça m’a amusé et je suis resté 5 minutes à écouter puis… la musique a démarré et là : révélation, je suis tombé « en pamoison ». C’était un truc du genre Otis Reding ou Chuck Berry, je ne sais plus mais ça a été monumental.

Depuis ce jour, ayant repéré la position de la station, j’ai écouté ça tous les soirs pendant 10 ans. Au bout de longtemps j’ai quand même fini par comprendre que c’était de l’anglais et que la station était la BBC.

Ça fait que ma culture musicale c’est le blues, le rock, le gospel, la soul, etc.

Dans la pratique ça s’est traduit, immédiatement et tous les jours, par le déménagement vespéral de la cuisine vers la salle à manger de quelques assiettes, casseroles et 2 couteaux : je me suis mis à la batterie et je jouais avec les chansons au grand désespoir de ma Oma. Elle m’a laissé faire quelques semaines avant d’exploser et j’ai donc du réorganiser mon instrument. Pour les baguettes j’ai troqué les couteaux contre la paume de mes mains et pour remplacer les caisses et les cymbales j’ai échangé casseroles et assiettes contre mes cuisses. Ça « sonnait » moins mais j’avais le droit et je ne m’en suis pas privé.

Arrivé à l’adolescence j’ai fini par obtenir le droit d’acheter une batterie (incomplète et en mauvais état, mais batterie tout de même) … ouaaaaah ! Bon, problème c’est qu’avec les voisins je n’ai jamais pu y toucher. On a donc, avec 2 copains dont l’un disposait d’un garage, décidé de monter un groupe. Malheureusement, les seuls moments où je pouvais jouer c’était avec eux et ils passaient leur temps à me dire « hé, le batteur, arrête, on ne s’entend plus parler ».

Un jour (j’avais 17 ans) j’ai eu quelques idées pour écrire une chanson. Comme un copain vendait quelque chose qui ressemblait à une guitare (il manquait une mécanique, le manche était vrillé et l’arrière de la caisse décollé) j’ai ramassé mes économies et la lui ai achetée. Et hop, c’était parti, j’ai mis 6 mois à écrire ma chanson en cherchant note après note pour constituer les accords mais j’ai fini par y arriver. Vous imaginez le boulot, aucune connaissance en solfège, aucune en guitare et aucune doc ou explication de personne.

Je me suis tellement éclaté qu’après celle-là je n’ai plus arrêté.

Bien sûr, avec la vie professionnelle et les moyens qu’elle procure j’ai pu acquérir de vrais instruments.

Je ne sais toujours pas pourquoi mais, au début, je n’ai rencontré que des musiciens inintéressants : entre la bière, les joints et les filles, ça jouait pas beaucoup. C’était du style « oh ! on est beaucoup cassés, on reprend la répet dans 1 heure » ou « y’a pas beaucoup de nanas, on reviendra jouer la semaine prochaine » ou etc.

Comme ça me gonflait j’ai pris l’habitude de rester seul chez moi, j’ai acheté un magnétophone multi-pistes et je me suis amusé tout seul à enregistrer mes chansons.

Un jour, tout de même, avec Dany, qui est devenu mon meilleur ami, on a trouvé un local insonorisé avec caisson de batterie et tout et tout et on a monté un petit groupe. Après quelques temps on avait un répertoire de 5 chansons persos et ça nous a donné l’occasion de jouer plusieurs fois dans des églises. J’en garde un très bon souvenir. Le propriétaire du local ayant décidé de démanteler le local pour en faire un logement, on s’est retrouvés à la rue et on a arrêté.

Plus tard, à l’église, j’ai eu l’occasion de jouer pendant 2 ans avec de super musiciens. Georges, 1er prix de conservatoire jazz en guitare ; Anne-Marie conservatoire en contrebasse a joué pro en jazz, country, heavy-metal, variété, cabaret ; Emmanuel, pianiste, que je ne connaissais finalement pas (ayant des enfants il venait 10 minutes en retard et repartait 10 minutes avant la fin) mais il savait à quoi sert un clavier ; Sophie au chant, conservatoire et maitre de chorale. Ça c’était quelque chose de terrible, répétitions par message sur répondeur téléphonique : « tu me fais 3 mesures de machin à la clé à molette puis tu enchaines sur un truc en redémarrant le chose tu turlusiphones le bidule 5 fois et on arrête par un trucmuche ». En arrivant à la répet c’était : « 1, 2, 1, 2, 3, 4 » et c’était parti sans fausse note ni hésitation. Moi, je n’y comprenais rien mais j’essayais de suivre (je jouais… les machins là, vous savez… là où on tape sur les casseroles et les assiettes). Je n’ai jamais eu de réflexion ou d’attitude me faisant comprendre que j’étais nul, je ne les plantais pas et ça leur convenait, j’étais toujours le bienvenu. Merci à eux !!! Un jour, Georges a trouvé un boulot de musicien de studio au loin, Anne-Marie a eu une tendinite qui l’empêche, aujourd’hui encore, de jouer, Emmanuel a eu un enfant de plus alors tout a volé en éclat.

Je suis donc retourné dans ma chambre avec mon magnéto. Tous les soirs c’était 4 heures de musique et le week-end entre 8 et 12 heures. Ça pendant 6 ans… on a le temps d’en faire des choses à ce rythme.

Et il y a 16 ans je me suis marié et j’ai tout arrêté. Je joue de temps en temps une petite heure mais ce n’est pas très motivant.

Là, j’arrive à 62 ans, mon épouse a encore quelques années à travailler, les enfants sont encore à la maison et j’ai encore des petits bouts de santé. Je pense donc travailler encore un peu mais la retraite n’est plus loin alors il va falloir faire quelque chose.

Le projet c’est d’aller m’occuper des chevaux au club équestre de ma fille (depuis tout petit j’ai toujours rêvé d’être paysan) et… de me remettre à la musique. Rendez-vous à bientôt.

Bon, si par jamais quelqu’un est arrivé jusqu’ici je ne peux que le féliciter pour son endurance ou le plaindre de n’avoir pas mieux à faire (pourvu que vous soyez dans la 1ère catégorie).

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Histoire de chien  (7 mai 2015)

Quand j’étais petit, mes parents allaient souvent à la campagne chez un agriculteur pour acheter du lait, du schnaps, des légumes et plein d’autres trucs qui, bien sûr, à l’époque, ne m’intéressaient pas. Comme ils se connaissaient bien, celui-ci nous invitait chaque fois à manger et les soirées se prolongeaient bien trop longtemps à mon goût.

Je préférais donc aller jouer dans la cour, même si c’était tout seul.

Dans la cour justement il y avait un chien. Un gros chien. Il était attaché assez court à sa niche et aboyait après tout ce qui passait par la cour. Après tout le monde sauf après moi.

Le paysan avait souvent dit à mes parents de ne pas s’approcher de lui car il mordait. Même lui ne lui tournait jamais le dos.

Malgré ça, je m’approchais souvent de lui, restant quand même suffisamment loin de son espace de liberté je lui parlais doucement. Je lui racontais ma vie et la sienne. Et puis je lui racontais la vie qu’on aurait pu avoir tous les deux s’il n’avait pas été attaché et si j’avais eu le droit de sortir de la cour. Il me regardait en ayant l’air de m’écouter.

Un soir la discussion de mes parents s’étant plus que prolongée. Lorsqu’ils sont sortis de la maison du paysan ils ne m’ont pas trouvé dans la cour et se sont mis à m’appeler de plus en plus fortement.

J’ai alors sorti la tête de la niche du chien dans laquelle j’avais fini par entrer et avec lequel j’étais moi aussi en grande discussion. Il s’était couché à côté de moi et me laissait le caresser en m’écoutant tranquillement. Je n’avais aucune peur, je n’en avais d’ailleurs jamais eu aucune.

Comme j’adore les animaux que mes parents éloignaient de moi, j’avais toujours envie de m’en approcher.

Tout le monde s’est mis à hurler comme si on m’avait trouvé dans l’antre d’un monstre cruel et depuis ce jour, après une bonne enguelade, il m’a été formellement interdit de m’approcher de quelque chien que ce soit…Dommage !!!

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 C’est pas sérieux mais ça m’amuse (22 octobre 2014)  

L’alcoolique prend de la bouteille
L’agriculteur s’est planté
L’arboriculteur est dur de la feuille
L’architecte a un bon plan
L’arroseur évite la rosée
L’artificier se la pète
L’astronome est dans la lune
L’ébéniste n’est pas commode
Le banquier laisse les sous venir
Le barman nous saoule
Le boucher est tombé sur un os
Le boulanger est dans le pétrin
Le cantonnier se retrouve sur le pavé
Le carillonneur nous sonne les cloches
Le catcheur a perdu ses clés
Le cheminot te file le train
Le cinéaste se monte un film
Le coiffeur est un peu rasoir
Le confiseur est déconfit
Le dentiste a une dent contre toi
Le fossoyeur monte sur les planches
Le pêcheur fait des queues de poissons
Le menuisier est mis au placard
Le pâtissier est dans les choux
Le peintre en tient une couche
Le plombier a un bon tuyau
Le poissonnier a un coup de bar
Le pompier est tout-feu tout-flamme
Le rameur a une vie pas gaie
Le solier-moquettiste porte plinthe
Le thalassothérapeute n’en a cure
L’entraineur de kung-fu est un cas raté
Les motards font des jeux de mots tôt
L’esthéticienne est au parfum
L’infirmière se pique au jeu
L’ostréiculteur rentre dans le moule
Le ??? a un ???

 Ce fut le délire d’une soirée. Bon, c’est pas ce que j’ai fait de mieux mais, vu l’heure, ça n’est pas étonnant. Alors bonne nuit, je vais me coucher.

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25cm de cheveux et pattes d’éléphant  (2 septembre 2013)

Ca fait 11 ans que je suis marié et ça fait 11 ans que je n’écris plus, ne compose plus et ne lis plus.

Il y a quelques mois j’ai décidé de renouer avec la lecture et j’ai, du coup, ressorti, pour commencer, « L’alchimiste » de Paolo Coelho. J’ai décidé du même coup de renouer avec l’écriture et j’ai mis, dans un 1er temps, en place ce blog. J’ai décidé aussi de renouer avec la musique, pour commencer, au moins à en écouter.

Pour la musique j’ai donc cherché sur Internet des choses que j’écoutais depuis mon enfance, Gospel, Jazz, Rock, Blues, Pop, Soft-métal.

Ca ne m’a pas fait beaucoup d’effet mais bon, dans la vie on évolue et c’est tant mieux.

Par contre j’ai éclaté de rire tout seul devant mon PC (c’est pas une image) en voyant une vidéo d’un concert d’Uriah Heep. Je me suis revu 40 ans en arrière, jean et tunique indienne que je porte encore aujourd’hui mais aussi 25cm de cheveux et pantalons à pattes d’éléphant que je ne porte plus depuis bien longtemps.

C’est fou finalement ce que 25cm et des pattes d’éléphant changent l’aspect d’un homme… hilarant.

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Le choix de la découverte  (23 mai 2013)

Au milieu des années 70 j’ai rencontré 2 turcs, réfugiés politiques kurdes, respectivement musicien (Bilal) et artiste-peintre/chanteur (Yilmas). Attiré par la nouveauté et accroché par leur gentillesse j’ai « traîné » à peu près 2 ans avec eux. La « world-music » à cette époque n’était pas encore à la mode mais je n’en avais cure. J’ai appris et joué avec eux de la darbouka et du saz tout ce temps et j’y ai trouvé un énorme enrichissement tant humain qu’artistique. Ils m’ont appris la vie au jour le jour en remerciant la Providence de ce qu’ils avaient, sans convoiter ce qu’ont les autres.

Dans les années 90 j’ai croisé dans une fête de quartier des étudiants sénégalais (Diousse, Amsa, Abdoulaï et Ali) qui avaient monté un groupe de percussions traditionnelles et animaient des soirées culturelles et à buts humanitaires. Nous avons de suite décidé que je me joindrai à eux et je suis resté avec eux presque 3 ans (jusqu’à la fin de leurs études) à apprendre et jouer du djembé. Ils m’ont appris le partage, l’oubli de soi pour le bien commun.

Par ces deux exemples (parmi d’autres), j’ai passé mon temps à choisir ce qui ne me ressemblait pas, je pense y avoir puisé de grandes richesses que ces gens ont bien voulu partager avec moi et, même si socialement et financièrement je n’en ai rien retiré, je n’ai jamais regretté ces choix. Au travers de ces rencontres j’ai pu entrevoir l’autre côté de l’horizon et pour moi c’est le plus important.

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Pourquoi t’as une peau de cochon gratté ?  (4 mai 2013)

En 1992.

Ce sont des enfants camerounais d’une dizaine d’années qui m’ont posé cette question en riant. Je l’appris plus tard, ils n’avaient jamais vu un blanc.

J’ai voulu leur demander ce que ça voulait dire mais, avant que j’aie pû ouvrir la bouche ils étaient partis en courant à travers brousse. J’aurais pû demander quelqu’un d’autre mais ça m’est sorti de la tête.

Au terme de mon séjour de 6 semaines au village (où j’effectuais une étude de développement pour le compte d’une association)  les habitants ont organisé une petite fête en mon honneur. Pour celà ils ont sortis djembés, balafons, costumes traditionnels et… ils ont tué un cochon.

Les cochons au cameroun (du moins en territoire Bassa) ont de longs poils noirs mais, pour les manger on gratte les poils et… apparait un cochon à la peau rose comme ceux que je connais depuis mon enfance.

Du coup, sans explication, j’ai compris… pourquoi j’ai une peau de cochon gratté.